Pour une réception, non.

Un mariage ne se vend pas au prix affiché. Il se vend au nombre d'invités, à la saison, au samedi plutôt qu'au vendredi, à la présence ou non d'un hébergement sur place, au traiteur imposé ou libre. Un chiffre unique posé sur une page ne peut décrire aucune de ces situations, et il sera lu comme le prix de votre lieu par quelqu'un qui n'a encore rien compris de ce que vous offrez.

Il se passe alors deux choses, et les deux vous coûtent. Les couples dont le budget est inférieur referment l'onglet sans vous écrire, alors qu'une partie d'entre eux auraient signé en décalant la date ou en réduisant le nombre d'invités. Et ceux dont le budget est supérieur se disent qu'ils ont trouvé moins cher qu'ailleurs, ce qui abaisse d'emblée la valeur qu'ils accordent à votre lieu.

Le prix d'une réception se construit pendant l'échange, quand vous avez compris ce qu'ils veulent et qu'ils ont compris ce que vous savez faire. L'afficher, c'est renoncer à cet échange avant qu'il ait lieu.

Pour un hébergement, oui.

Un site sans tarif devient moins utile que votre propre fiche Booking, ce qui est le comble.

Dès que votre lieu vend des nuitées, la règle s'inverse. Un gîte, des chambres d'hôtes, une maison louée à la semaine : personne ne demande une disponibilité sans avoir un ordre de prix. Et les plateformes sur lesquelles vous êtes déjà présent, elles, l'affichent.

Le format qui fonctionne : un « à partir de » par logement, à la semaine, arrondi vers le bas, plus le prix du lieu entier s'il se loue en bloc. Deux précautions, apprises en refaisant ces pages. Les tarifs relevés sur une plateforme sont commission comprise, donc plus élevés que ce que vous touchez : à valider avant publication. Et la question du ménage inclus ou non se pose systématiquement, parce que c'est la première chose que l'on vous écrira.

Un bureau ancien près d'une fenêtre, un registre ouvert, une tasse et des lunettes
Le prix d'une réception se construit dans l'échange, pas sur une page.

Le cas du lieu qui fait les deux.

Beaucoup de domaines reçoivent des mariages et louent des gîtes le reste de l'année. La solution n'est pas un compromis, c'est une séparation : la page réception ne porte aucun prix et mène au formulaire, la page hébergement porte ses « à partir de » et mène à la réservation. Deux parcours, deux intentions, deux traitements.

Ce que l'on met à la place du prix.

Une page sans tarif n'est pas une page évasive. Ce qui rassure un client, ce n'est pas le chiffre, c'est de savoir qu'il ne va pas perdre son temps. Donnez-leur de quoi se situer : la capacité minimale et maximale à table, les saisons où vous recevez, ce qui est compris et ce qui ne l'est pas, si le traiteur est imposé, combien de personnes peuvent dormir sur place. Un client qui trouve ces informations écrit pour demander un devis. Un client qui n'en trouve aucune va voir ailleurs, et vous ne le saurez jamais.

Cette règle est celle que j'applique sur tous les sites que je livre. Elle a été posée après avoir refait un site de château qui louait aussi ses chambres, et où les deux logiques avaient été mélangées sur la même page.